Ne vous est-il jamais arrivé de reporter votre stress ou votre colère sur une personne alors qu’elle ne venait pas d’elle ? Savoir accepter et gérer correctement ses émotions est une preuve d’intelligence émotionnelle fondamentale à la réussite.

1. Comprendre ce qu’est l’intelligence

On a souvent tendance à penser que l’intelligence est le résultat du test de QI. En réalité, l’intelligence est bien plus que ça. En effet, seul 20% de la réussite des personnes est dû à l’intelligence retrouvée dans les tests de QI.  Etre intelligent c’est savoir comprendre, connaître, apprendre, analyser et s’adapter à de nouvelles situations en fonction des besoins du contexte. Peu importe que l’intelligence soit cognitive ou pas, l’objectif principal commun est d’assurer notre survie grâce à une bonne adaptabilité dans le monde. L’intelligence est difficile à comprendre et à analyser pour beaucoup. C’est pourquoi, certaines théories dénombrent pas moins de 7 types d’intelligence : linguistique, logico-mathématiques, spatiale, musicale, corporelle, intrapersonnelle (ou émotionnelle), naturaliste et interpersonnelle.
  • L’intelligence linguistique

Il s’agit ici de la capacité à utiliser le langage pour s’exprimer et développer ses idées simples et complexes ainsi que de comprendre les autres, que ce soit à l’oral ou à l’écrit. Généralement les personnes avec une intelligence linguistique développée aiment lire, écrire, faire des mots-fléchés, apprendre de nouvelles langues etc.
  • L’intelligence logico-mathématiques

Cette intelligence est l’aptitude à manipuler les chiffres, à résoudre des problèmes logiques en tenant un raisonnement spécifique, à observer et analyser les situations pour pouvoir créer de nouvelles hypothèses. Les personnes ayant cette intelligence sont doués en calcul, résolution de problèmes, en structuration de systèmes logiques…
  • L’intelligence visuelle et spatiale

C’est la capacité à s’orienter et à se repérer dans un environnement, mais également à pouvoir faire des liens entre les différents objets présents. Il s’agit donc de pouvoir imaginer, visualiser un agencement ou un parcours selon les informations que l’on a. Les artistes par exemple, ont souvent dotés d’une grande intelligence visuo-spatiale
  • L’intelligence musicale

C’est la capacité d’identifier, penser, créer, reconnaître des sons et des rythmes harmonieux. Dès lors, les personnes avec une grande intelligence musicale vont pouvoir mémoriser, interpréter les sons musicaux, vont être sensibles aux mots et à leur sonorité.
  • L’intelligence corporelle ou kinesthésique

Pouvoir utiliser son corps (en totalité ou en partie) et les mouvements de celui-ci pour exprimer ses idées est une preuve de bonne intelligence corporelle. Cette intelligence nécessite de nombreux entraînements physiques.  
  • L’intelligence intrapersonnelle (ou émotionnelle)

L’intelligence émotionnelle fait partie prenante de l’intelligence intrapersonnelle, puisqu’il s’agit de pouvoir faire une bonne introspection de ses besoins et de ses sentiments afin d’améliorer ses réactions face aux différentes situations  
  • L’intelligence naturaliste

L’intelligence naturaliste est la capacité à connaitre et reconnaitre les plantes, les animaux et les différents environnements. Il s’agit plus largement d’avoir une sensibilité particulière pour la nature et les êtres vivants.  
  • L’intelligence interpersonnelle

Cette intelligence requiert empathie et tolérance. C’est la capacité à pouvoir écouter, comprendre, collaborer, aider les autres pour avoir de bonnes relations sociales, durables et authentiques. L’intelligence émotionnelle est très conjointement liée à ce type d’intelligence également.

2. Qu’est ce que l’intelligence émotionnelle ?

Pour comprendre ce qu’est l’intelligence émotionnelle, il est fondamental d’avoir une idée claire de ce que sont les émotions. L’émotion est un état physiologique, psychologique et affectif intense, d’une durée plus ou moins longue. C’est une réaction primaire de notre cerveau qui réagit à un stimulus environnemental. Cette émotion va permettre de déclencher certaines actions pour le reste de notre corps : pouvoir partager une joie, éclaircir des incompréhensions, et surtout éviter un danger. Cette intelligence, justement valorisée, va permettre de pouvoir utiliser nos émotions comme un moteur pour aller plus loin. L’intelligence émotionnelle est donc une intelligence principalement centrée sur les émotions. Il s’agit donc de  la capacité à identifier, comprendre, analyser, apprendre, maîtriser nos propres émotions. Mais cette intelligence va même plus loin puisqu’il s’agit également de pouvoir reconnaître et comprendre celle de l’autre afin d’harmoniser notre discours et nos actions selon les sentiments qu’il a. Afin de se respecter soi-même ainsi que notre interlocuteur, il est important de s’accorder selon ses propres émotions, et celles que l’on a reconnu de l’autre.  Prenez l’exemple d’une situation du quotidien. Vous venez d’apprendre une excellente nouvelle et êtes particulièrement en joie. Vous avez rendez-vous avec une amie. Au moment de la retrouver, vous la voyez en pleurs. Naturellement, vous n’allez pas lui sauter dans les bras pour lui crier toute votre joie. Vous allez modérer vos propos, essayez de comprendre ce qu’elle ressent et de la soutenir, sans pour autant être aussi triste qu’elle et supprimer toute la joie qui vous habite. Dans cette situation, vous faites preuve d’intelligence émotionnelle.  

3. Quel lien entre l’expérience et l’intelligence émotionnelle ?

L’intelligence émotionnelle est une intelligence à part entière, puisqu’elle nous permet de traiter l’information selon un spectre spécifique. Ils sont en réalité des guides de nos besoins. En effet, les émotions mettent en avant des besoins spécifiques qui n’ont pas été entendu ou répondu. L’intelligence émotionnelle nous permet alors de traiter une information fonctionnelle.  Il est important de comprendre que tout ce que nous vivons, nous le vivons à travers le filtre de nos émotions. Vous avez dû le remarquer, lorsque vous êtes heureux, ou remplis d’émotions positives, vous voyez plus facilement tout le positif de votre journée. C’est l’inverse lorsque vous commencez votre journée avec des émotions négatives.  

4. A quoi sert l’intelligence émotionnelle ?

L’intelligence émotionnelle est particulièrement utile pour une bonne harmonie entre le plan professionnel, personnel, relationnel et sanitaire.  D’un point de vue professionnel, pouvoir analyser ses propres émotions, celles des autres et pouvoir composer avec va permettre de pouvoir travailler efficacement, prendre les bonnes décisions, et améliorer la transmission des informations avec les autres. Cela vous permettra également d’éviter le burn out ou l’ergophobie.   D’un point de vue relationnel, l’intelligence émotionnelle est le point essentiel pour une bonne communication, à la gestion de conflits, à la construction de relations saines et à coopérer malgré les divergences. D’un point de vue personnel, il est important de pouvoir comprendre son état actuel, avoir conscience de son état actuel et ne pas se laisser céder à l’impulsion et à la frustration. Une bonne intelligence émotionnelle va permettre de prendre de meilleures décisions et d’atteindre ses objectifs professionnels plus facilement. Elle permet également une meilleure affirmation de soi et de confiance en soi Se laisser submerger par ses émotions biaisent les raisonnements et font adopter à chacun des comportements inappropriés.  

5. Quelles sont les différentes dimensions de l’intelligence émotionnelle ?

L’intelligence émotionnelle est divisée en quatre concepts principaux qui sont les piliers et composantes essentielles.
  • La conscience de soi

Il s’agit de la capacité à prendre conscience de ses émotions, de les comprendre, de les reconnaître et de comprendre l’influence qu’elles peuvent avoir sur notre quotidien, sur nos prises de décisions et dans notre vie. Il s’agit d’apprendre à les comprendre pour mieux nous guider, et de ne pas en faire un frein dans notre vie. Pour cela, il faut essayer de ne pas se laisser submerger par plusieurs émotions qui nous affectent mais les nommer unes par unes et d’apprendre à connaître les déclencheurs de ces émotions pour mieux les prévenir et les gérer.
  • La gestion de soi

La gestion de soi est la capacité à contrôler ses émotions et gérer son impulsivité. En effet, le quotidien fait vivre différentes émotions positives comme négatives, et l’accumulation de ses émotions nous laissent parfois penser que nous ne contrôlons plus nos émotions ou la situation. Pour essayer d’atteindre cet objectif de l’intelligence émotionnelle, essayez de percevoir que vous vous sentez submergé(e) par trop d’émotions. Fermez les yeux pour vous recentrer sur vous-même et respirez, profondément, lentement, en prenant votre temps… tout votre temps. La cohérence cardiaque est un bon outil qui va vous permettre de prendre le temps de gérer votre rythme cardiaque pour vous recentrer sur vous-même
  • Conscience sociale ou conscience des émotions des autres

Il s’agit de savoir détecter les émotions d’autrui et faire preuve d’empathie. Il s’agit de comprendre les émotions des autres, de tenter de comprendre leurs besoins, leurs préoccupations et leurs difficultés.  Dans cette optique, nous faisons la passerelle entre nous et l’autre qui souffre. Nous adaptons alors notre comportement, notre discours, notre moyen de communication…
  • Le relationnel

C’est la capacité à gérer les relations sociales, sa capacité à inspirer, et maîtriser l’impact de l’influence de nos émotions sur les autres. L’idée est d’aider les autres à se développer grâce à leurs ressentis. Grâce à la synchronisation de nos émotions avec celle des autres, il est plus facile de pouvoir coopérer et motiver l’autre. De cette manière, nous allons aider l’autre à porter ses émotions pour avancer davantage.  Afin de faire preuve d’une bonne intelligence émotionnelle dans les relations sociales, il est important de faire preuve de flexibilité et d’écoute active.

6. L’intelligence émotionnelle est-elle héréditaire ?

Notre intelligence et notre cerveau se façonnent par les expériences vécues ou répétées. Vous connaissez peut-être Slumdog Millionaire qui retrace la vie d’un indien considéré comme trop intelligent, car il a réponse à tout. En réalité, il fait des liens avec toutes ses expériences vécues, et en a appris. C’est donc en cela qu’il est intelligent. Dans son cas, il s’agit majoritairement de l’intelligence cognitive, mais l’intelligence émotionnelle agit de la même manière.  Quoi qu’il en soit, une partie de notre intelligence émotionnelle est retrouvée dans notre ADN. En effet, lorsque nous vivons une situation, un certain bagage émotionnel présent dans notre cerveau s’active.  Pour autant, l’intelligence émotionnelle peut se développer et se travailler afin de l’améliorer.

7. Comment savoir si j’ai une grande intelligence émotionnelle ?

Pour avoir une grande intelligence émotionnelle, il faut être capable de répondre à ces différentes questions : 
  • Est ce que je sais lire et comprendre les émotions des autres ? 
  • Est ce que j’arrive à analyser mes propres émotions ? 
  • Est ce que j’ai conscience des conséquences de mes mots et de mes actions ?
  • Est ce que je sais contrôler mon impulsivité ? 
  • Est ce que j’arrive à me remettre en question et à prendre du recul face à mes émotions ? 
  • Est ce que j’arrive à nommer mes émotions, et j’arrive à avoir à avoir conscience des mots lorsque j’exprime des éléments relatifs à mes émotions ?

8. Quelle est l’importance d’une émotion ?

Il est fondamental de ne pas avoir peur de ses émotions, mais de les considérer comme des créateurs de liens sociaux, et comme des éléments primordiaux dans la prise de décision et dans la gestion de conflits.  Il faut donc porter une attention particulière à ses émotions, même négatives, qu’elles soient en nous ou chez les autres. En réalité, elles sont là pour transmettre le message d’un besoin non répondu. Une émotion négative est une alerte sur le besoin de changer quelque chose à l’intérieur ou à l’extérieur de vous et d’aller en quête de solution. Une fois que l’émotion est définie et identifiée, il faut se poser la question du besoin. Par exemple, la colère peut être dû au fait que vous sentez que votre besoin d’être écouté(e), considéré) ou de justice n’a pas été répondu. La peur peut être un manque de sécurité. La tristesse peut traduire une perte avec un besoin de faire le deuil de quelque chose ou de quelqu’un. Vous pouvez vous aider des besoins de la pyramide de Maslow pour mieux comprendre ce qui est important dans votre vie pour connaître la sérénité.  Une fois cela accepté, il sera donc plus facile de trouver des solutions.  Pour rappel, il existe six familles d’émotions : La joie, la tristesse, la peur, le dégoût, la colère et la surprise.

9. Comment développer l’intelligence émotionnelle ?

Comme toutes les intelligences, il est possible de développer cette intelligence en suivant ces quelques petits conseils.
  • Accueillez vos émotions

Apprendre à gérer ses émotions, c’est tout d’abord être capable de les reconnaître. Prenez le temps de les observer, de vous poser la question de quelle est l’émotion que vous ressentez réellement au fond de vous. Demandez vous si cette émotion est agréable ou désagréable. Posez vous la question de savoir quelle est l’énergie qui est liée à cette émotion. Et ensuite, demandez vous à quel besoin cette émotion devait répondre et quelle solution rationnelle vous pourriez trouver pour le combler. La méditation de pleine conscience est un excellent moyen pour prendre le temps d’écouter ce qui se passe à l’intérieur de vous.
  • Décoder vos émotions

Prenez le temps d’essayer de comprendre vos émotions pour savoir pourquoi vous vous sentez de la manière dont vous êtes actuellement. Posez vous la question du “et avant que cela m’arrive, qu’est ce que je faisais ?”. De cette manière vous allez pouvoir comprendre ce qui l’a déclenché, et pourquoi cela génère cette émotion négative chez vous. Est ce que ce que vous ressentez là ou l’événement que vous venez de traverser fait écho à un autre élément du passé ? Un souvenir apparaît-il ? Si vous souffrez de stress au travail ou chez vous, essayez de le comprendre et de vous demander comment y remédier L’important ici est de décrypter vos émotions avec bienveillance. N’émettez pas de jugement sur ce que vous pouvez ressentir. Un message essaye d’être transmis par votre corps. Ne l’enfouissez pas, caché derrière une colère ou une tristesse durable et inexpliquée. Cet outil peut s’apparenter à l’auto-observation qui peut vous être utile au quotidien.
  • Etiquetez vos émotions

Il est très difficile d’avoir le vocabulaire adéquat pour réellement mettre le mot juste sur l’émotion ressentie. Il est plus facile de dire “ça va” ou “ça ne va pas”, sans développer et comprendre clairement son émotion. Pourtant de nombreux mots existent pour définir nos émotions et leur intensité. pouvoir les reconnaître, les nommer et les distinguer nous aide à comprendre ce que nous ressentons vraiment, et à pouvoir les gérer.  N’ayez pas peur de ces émotions que vous ressentez. C’est pourquoi, vous pouvez en parler, dans les moments où cela vous semble approprié. Les personnes autour de vous pourrons vous comprendre vos ressentis du moment, vos réactions, votre motivation etc. Avec les mots justes, votre entourage ne pourra que vous comprendre.
  • Prenez en soin, doucement mais surement

Refouler ses émotions ne les rendra plus difficile pour vous à gérer. Si vous n’acceptez pas vos émotions ressentis, il est impossible d’en prendre soin. Alors acceptez que vous puissiez ressentir certaines émotions. Prenez le temps ensuite de les traiter unes par unes. Lorsque vous ressentez une émotion, identifiez là, analysez là, et comprenez ce qu’elle représente pour vous.  
  • Comprendre les émotions des autres

Essayez d’appliquer les différents outils avec les autres personnes. Elles ressentent aussi des émotions et ont des réactions parfois surprenantes. Il n’est pourtant pas toujours facile de les comprendre et d’agir avec. Prenez le temps d’avoir des retours, osez poser les questions justes. Comment la personne se sent-elle au fond d’elle-même ? Qu’est ce qui rend ce moment difficile ? Utilisez des techniques d’écoute active. Paraphrasez certains éléments que la personne vous a dits afin d’être sûr(e) de l’avoir compris(e) et de faire entendre à la personne ce qu’elle peut ressentir également.  De votre côté, acceptez de ne pas avoir toutes les clés pour aider la personne, mais acceptez de pouvoir l’orienter. Quoi qu’il en soit, n’hésitez pas à l’interroger au besoin.