Relaxation musculaire progressive de Jacobson : méthode, étapes et bienfaits
La relaxation de Jacobson, ou relaxation musculaire progressive, alterne contraction et relâchement des muscles. Ce guide détaille la méthode, ses quatre phases, ce qu'en dit la recherche et ses précautions, pour les praticiens et leurs patients.
L'essentiel à retenir
- La relaxation de Jacobson, aussi appelée relaxation musculaire progressive (PMR en anglais), a été publiée par le médecin américain Edmund Jacobson en 1929[1].
- Elle s'apprend par étapes : on commence par contracter et relâcher, puis on arrive à se détendre sans contraction[12].
- Les études les plus nombreuses portent sur le stress, l'anxiété et la qualité du sommeil, avec des résultats encourageants mais variables[4][5][6].
- Elle aide à faire baisser l'anxiété, mais ne guérit pas à elle seule une phobie ou des attaques de panique : elle complète la thérapie[12].
- La contraction doit rester supportable. Certaines maladies demandent un avis médical avant de commencer[1][12].
- Alterne contraction musculaire à 80% et relâchement progressif, groupe musculaire par groupe musculaire.
- Indiquée pour les troubles anxieux, les phobies (dont l'agoraphobie), le trouble anxieux généralisé et les addictions.
- À privilégier si le patient ressent des tensions musculaires plutôt que des sensations de chaleur.
- Séance à démarrer en position assise ou allongée, dans une pièce calme et avec une voix posée.
- Ordre musculaire du poing aux orteils, à raison de 2 séances par semaine selon le docteur Malbos.
Qu'est-ce que la relaxation de Jacobson ?
La relaxation de Jacobson est une technique de détente qui consiste à contracter un groupe musculaire, puis à le relâcher, en passant d'une zone du corps à l'autre. On la trouve aussi sous les noms de relaxation musculaire progressive, de relaxation progressive de Jacobson ou de PMR, pour progressive muscle relaxation.
Elle part d'une observation simple : l'anxiété et la tension musculaire peuvent se renforcer l'une l'autre[1]. En sentant la différence entre un muscle tendu et un muscle relâché, on apprend à repérer ses tensions et à les réduire.
Comment agit-elle ?
Selon Jacobson, toute tension psychique s'accompagne d'une tension musculaire, parfois si légère qu'on ne la sent pas. Il la mesurait avec un électromyographe[12]. Sa thèse allait loin : détendre complètement ses muscles réduirait d'autant l'anxiété[12]. C'est sa thèse, pas un résultat établi par les études citées plus bas.
La description la plus citée est celle de la « réponse de relaxation » du cardiologue Herbert Benson. L'activité du système nerveux sympathique, lié au stress, laisse la place à celle du système parasympathique, avec une baisse de la tension musculaire, du rythme cardiaque, de la respiration et de la pression artérielle[12]. Cette description vaut pour les techniques de relaxation en général, pas seulement pour celle de Jacobson.
D'Edmund Jacobson à la thérapie comportementale
Edmund Jacobson, médecin américain, présente la technique à Harvard en 1908[3], puis la publie en 1929 dans Progressive Relaxation[1]. La version d'origine demande une instruction chaque semaine et une pratique quotidienne[3].
Joseph Wolpe la raccourcit ensuite à un exercice d'environ 20 minutes, utilisé pour contrer la réponse de peur[3]. Il n'existe pas aujourd'hui de protocole unique : le nombre de groupes musculaires et la durée varient selon les versions[1][3].
Quels sont ses bienfaits ? Ce que montre la recherche
La méthode a été étudiée sur le stress, l'anxiété, le sommeil et les maux de tête. Voici ce que disent les études, avec leurs limites.
Stress et anxiété
Une revue systématique de 2024 a réuni 46 publications de 16 pays, soit plus de 3 400 adultes. Elle conclut à une baisse du stress, de l'anxiété et de la dépression, plus nette quand la méthode est associée à d'autres interventions[5].
Une méta-analyse de 27 études, parue en 2008, mesure un effet moyen à important de l'entraînement à la relaxation sur l'anxiété. Elle regroupe plusieurs méthodes, dont celle de Jacobson, et l'effet y est plus marqué pour la méditation et les prises en charge longues[4].
Tous les résultats ne vont pas dans le même sens. Dans un essai auprès de 83 patients suivis en réhabilitation respiratoire, l'anxiété a baissé dans les deux groupes, sans différence significative entre ceux qui pratiquaient la relaxation et les autres[10].
Phobies, panique et anxiété généralisée
Selon un guide clinique québécois, les techniques de relaxation ne guérissent pas en tant que telles les phobies, les attaques de panique ou les obsessions. Elles peuvent aider à faire baisser le niveau d'anxiété qui les accompagne[12].
Dans le trouble panique, une analyse de 72 essais et 4 064 participants n'en fait pas une composante prioritaire de la TCC et met en avant l'exposition aux sensations corporelles[15]. La relaxation y garde un rôle de soutien, que le praticien dose selon le patient.
Dans l'anxiété généralisée, une méta-analyse de 23 études trouve des écarts négligeables entre la relaxation appliquée, qui apprend à se servir de la détente face aux situations anxiogènes, et une TCC sans relaxation[16].
Sommeil
Une méta-analyse publiée en 2026 a réuni 14 essais randomisés et 957 participants. La qualité du sommeil, telle que les personnes la rapportent, s'améliore, mais les résultats varient beaucoup d'une étude à l'autre. L'effet reste incertain après 55 ans, et il ne dépend pas clairement du nombre de séances[6].
Migraine et maux de tête
La méthode est utilisée pour prévenir la migraine depuis le début des années 1970. Une revue de 2018 rapporte des méta-analyses où elle se montre aussi efficace que des options médicamenteuses, à condition de pratiquer chaque jour 5 à 25 minutes. Ses auteurs relèvent aussi le manque de recherches récentes[7].
Un essai américain de 2025 a proposé la méthode sur smartphone à des patients sortant des urgences pour une migraine. Sur 69 patients suivis, 82 % ont vu leur handicap lié à la migraine reculer d'au moins 5 points sur l'échelle utilisée, contre 46 % dans le groupe témoin. Le nombre de jours de maux de tête n'a pas différé entre les groupes[17]. Ne modifiez pas un traitement sans en parler à votre médecin.
Pendant une chimiothérapie
Une revue de 2018 a porté sur sept essais associant cette relaxation à l'imagerie guidée, presque tous sur le cancer du sein. Tous rapportent un bénéfice sur l'humeur, l'anxiété ou la dépression[11]. L'effet observé est celui de l'association, pas de la seule méthode de Jacobson.
Autres usages
Le même guide québécois cite aussi les céphalées de tension, certaines douleurs chroniques et plusieurs troubles du sommeil, et il en attend moins dans les maladies organiques[12]. Ce sont des indications cliniques, pas des résultats chiffrés. Pour la douleur, les données sont moins nettes : une étude en chirurgie orthopédique n'a pas trouvé de changement de son intensité[3].
Avec quels patients l'appliquer ?
Cette méthode de relaxation existe depuis longtemps et a donc déjà été validée scientifiquement de nombreuses fois. Vous pouvez l'utiliser avec vos patients avec tous troubles anxieux, avec toutes les phobies, en particulier l'agoraphobie, le trouble anxieux généralisé (personnes stressées chroniques qui ont besoin de relaxation). Mais rien ne vous empêche de les utiliser dans toutes les pathologies mentales. Par exemple, ça peut être utile pour les patients qui sont addicts, qui sont fumeurs ou alcooliques, parce que ça leur apporte une possibilité de faire une action plutôt que de fumer. Vous pouvez donc même l'enseigner pour les addictions.
Quelle méthode de relaxation pour quel patient ?
Il y a trois méthodes de relaxation : la vagale, le training autogène de Schultz et la relaxation musculaire progressive de Jacobson. Mais alors laquelle choisir ? Parfois, vos patients vont vous demander laquelle privilégier. Dans ce cas-là, le mieux c'est de leur demander comment ils se sentent. Si pour l'un le problème principal c'est qu'il se sent tendu, qu'il a mal aux épaules, que son cou est rigide, qu'il a mal aux jambes, alors, la méthode Jacobson est la plus indiquée. Si en revanche un autre vous dit qu'il ressent des sensations de chaleur lorsqu'il est angoissé, des sensations bizarres de mal-être, alors, à ce moment-là, le training autogène de Schultz est la méthode la plus appropriée. Quant à la relaxation vagale, elle est très rapide à enseigner et à appliquer et doit donc être un automatisme.
Un guide clinique québécois propose un repère proche, à titre d'hypothèse : une méthode passive convient mieux à une personne peu anxieuse, une méthode active à une personne très anxieuse. La relaxation de Jacobson se situe plutôt du côté des anxiétés marquées, le training autogène du côté des anxiétés plus modérées[12].
La recherche compare encore peu ces techniques entre elles. Dans un essai auprès de 60 étudiants en bonne santé, 20 minutes de relaxation musculaire, de respiration profonde ou d'imagerie guidée ont toutes augmenté l'état de détente par rapport au groupe témoin. La relaxation musculaire et l'imagerie ont fait baisser l'activation physiologique dès le début, alors que la respiration profonde l'a d'abord brièvement augmentée[8]. Cet essai porte sur une seule séance : il ne dit pas quelle méthode convient le mieux à un patient anxieux.
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Débuter une séance de relaxation Jacobson
Dans le cadre d'une séance de relaxation, demandez à votre patient de s'asseoir ou de s'allonger, d'enlever son sac à main, sa veste : de se mettre à l'aise. Rien ne vous empêche également et si vous le souhaitez de mettre une musique de fond. Le docteur Malbos conseille en particulier d'utiliser de la musique appelée « Space Music », un genre de musique électronique qui permet d'avoir un fond musical très calme et donc propice pour la relaxation ou encore la méditation. La température de la pièce est elle aussi importante. Elle doit être agréable, n'hésitez donc pas à allumer un ventilateur ou le chauffage. De plus, lorsque vous prendrez la parole, il faut garder à l'idée de parler lentement et avec une voix grave, posée et chaleureuse ceci encourage le processus de détente.
La méthode Jacobson, groupe musculaire par groupe musculaire
Débutons la méthode Jacobson. Commencez par dire à votre patient de serrer son poing droit à 80%, donc assez fort. Demandez-lui de se concentrer sur la sensation de pression, la sensation de brûlure, la sensation de tension au niveau du poing. C'est très important, seul le poing doit être contracté. L'avant bras, le biceps, l'épaule, et tout le reste du corps doit être entièrement détendu. Au départ, votre patient aura du mal à ne contracter de manière isolée que les composants musculaires demandés, mais c'est normal. La pratique rendra cet exercice plus facile à réaliser.
La deuxième phase de cette méthode est la phase de relaxation.
Dites à votre patient de détendre tout doucement, très lentement, sa main droite. Il doit se concentrer sur cette disparition de la douleur et sur la pression qui s'amenuise. Il faut qu'il réalise que cette tension est en train de disparaître. Sa paume s'ouvre alors, toujours très doucement. Ses doigts vont s'écarter jusqu'à un état de relaxation totale.
Ces deux phases sont un résumé de toute l'idée derrière la méthode de relaxation de Jacobson. Cette méthode se résume à faire une phase de contraction à 80%, forte et légèrement douloureuse suivie par une phase de relaxation. C'est pour ça que ça s'appelle « relaxation musculaire progressive de Jacobson », c'est parce que ça permet aux patients d'avoir une meilleure connaissance de leur état de contraction de leurs muscles. L'apprentissage de cette méthode leur permettra de détecter lorsque ces derniers seront trop tendus et surtout de pouvoir aussi les relaxer, de les détendre.
Tout le reste va consister à refaire exactement la même chose pour chaque groupement musculaire. Un ordre musculaire cependant est à suivre et est conseillé par le docteur Malbos :
- 1. poing
- 2. biceps
- 3. front (orbiculaire, froncer les sourcils)
- 4. maxillaires (muscles masséters, serrer les dents)
- 5. lèvres (faire la moue)
- 6. cou (muscles sterno-cléido-mastoïdiens, demandez à votre patient de mettre sa main sur son front et qu'en même temps le front pousse contre cette main)
- 7. muscles trapèzes (haussement des épaules)
- 8. muscle diaphragme et des muscles accessoires de la respiration (faire une respiration profonde et rester en apnée)
- 9. muscles abdominaux
- 10. muscles fessiers
- 11. muscles quadriceps (en bougeant la jambe ou pas)
- 12. mollets (muscles releveurs des pieds, relever l'avant du pied)
- 13. orteils (muscles releveurs, relever les orteils)
Vous pouvez préciser à votre patient la méthode suivante : un jour, un côté et un jour, un autre. Les patients non-sportifs qui ont souvent une faible conscience de leur corps peuvent parfois souffrir de légères courbatures comme s'ils venaient d'effectuer une séance de sport. Au début de l'exercice de relaxation, il faut bien leur préciser qu'il ne faut contracter qu'à 80% du muscle et à la suite de la séance, les rassurer et leur dire que des courbatures sont possibles dans les jours à suivre et tout à fait normales. L'entraînement les diminuera.
En parlant d'entraînement, à quelle fréquence faut-il faire la méthode de relaxation musculaire progressive de Jacobson ? 2 fois par semaine selon le docteur Malbos.
La méthode de relaxation Jacobson est à réaliser avec vos patients afin qu'ils prennent conscience de cette différence d'état entre l'état de contraction et de relaxation pour ainsi pouvoir relâcher leur corps n'importe quand.
Les quatre phases pour progresser dans la méthode
Contracter et relâcher est la porte d'entrée de la méthode. Pour aller plus loin, le psychiatre Louis Chaloult l'enseigne en quatre phases, jusqu'à la détente sans contraction[12].
Phase active
C'est l'étape décrite plus haut. Le patient contracte chaque groupe musculaire 3 à 5 secondes, puis se détend 15 à 20 secondes. Il apprend à localiser ses muscles et à distinguer tension et détente[12].
Phase différentielle
Le patient contracte un groupe musculaire plus longtemps, 30 secondes ou plus, en portant son attention sur les autres muscles pour les relâcher. Après quelques jours, il l'applique dans la vie courante : ne plus crisper le visage et les épaules au volant, par exemple[12].
Phase abrégée
Les exercices sont regroupés en sept grands mouvements : bras, jambes, abdomen, thorax, épaules et deux pour le visage. Cette partie dure un peu plus de dix minutes. Le patient reste ensuite immobile une dizaine de minutes et repasse mentalement ses muscles pour les détendre[12].
Phase passive
Il n'y a plus de contraction. Le patient, immobile, vérifie sans effort chaque groupe musculaire, repère les tensions et les laisse partir[12].
Le passage d'une phase à l'autre dépend du patient : le guide ne fixe pas de calendrier précis. Avec l'entraînement, la détente peut venir plus vite, en pensant simplement à la sensation mémorisée[13].
Durée, respiration, rythme : les repères d'une séance
Les protocoles varient d'une équipe à l'autre. Voici les repères qui reviennent le plus souvent, utiles au praticien comme au patient qui pratique chez lui.
Une séance en quatre étapes
- S'installer. Dans un lieu calme, assis ou allongé, bras et jambes décroisés, vêtements desserrés[2].
- Contracter. Sur l'inspiration, contractez le groupe musculaire pendant 5 à 6 secondes[2].
- Relâcher. Relâchez sur l'expiration, en vous disant « détente » ou « relaxation »[2].
- Observer. Pendant 10 à 15 secondes, notez ce qui change dans vos sensations, puis passez au groupe suivant[2].
Pour finir, inspirez profondément, ouvrez les yeux, étirez-vous, puis restez assis quelques secondes avant de vous lever, pour éviter les étourdissements[12].
Les durées changent selon les auteurs : de 3 à 10 secondes pour la contraction, et de 10 à 30 secondes pour la détente[2][12][13][14]. Le relâchement aussi : certaines fiches le veulent d'un coup, d'autres graduel[12], et le docteur Malbos le conseille très lent. Gardez ce qui aide le mieux le patient à sentir la différence.
Une séquence en 16 groupes musculaires
Cette page présente l'ordre du docteur Malbos. Il en existe d'autres, comme cette séquence d'une fiche clinique française[2] :
- Mains et bras : poings et poignets, puis bras et avant-bras.
- Épaules : remontez-les vers les oreilles.
- Visage : front, yeux, nez et joues, lèvres, langue et bouche.
- Cou : menton vers la poitrine.
- Tronc : poitrine, dos, ventre, fessiers.
- Jambes : cuisses, mollets, chevilles.
La même fiche conseille de commencer par ces 16 groupes, puis de passer à des groupes moyens et enfin aux grands groupes[2].
Version courte de 5 minutes
Une séance dure de quelques minutes à une heure, selon le nombre de groupes musculaires[1]. Une version de 5 minutes se fait sur une chaise, en quatre temps[1]. À chaque temps, contractez en inspirant, tenez 5 secondes en respirant normalement, puis relâchez sur une longue expiration :
- Visage : froncez le nez et les sourcils, fermez les yeux, serrez les dents.
- Bras : levez les bras, poings fermés.
- Épaules et poitrine : remontez les épaules, contractez le haut de la poitrine.
- Jambes : levez les jambes, orteils tirés vers vous.
Les versions abrégées ont aussi été étudiées. Une revue de 29 expériences a trouvé un effet modéré, plus net en individuel, avec un enregistrement pour s'entraîner, et quand la prise en charge durait plus longtemps et comptait plus de séances[9].
À quel rythme et à quel moment pratiquer ?
Le rythme dépend du patient. Le docteur Malbos conseille 2 séances par semaine. Le guide québécois propose, pour sa part, environ 20 minutes, une à deux fois par jour, le matin ou en fin de journée[12]. Une fiche de l'université de Zurich et de l'ETH demande au moins une séance par jour[1], et les études sur la migraine reposent sur une pratique quotidienne[7]. Le praticien fixe avec le patient un rythme tenable, puis l'ajuste.
Évitez si possible de pratiquer après un repas, après de la caféine ou de l'alcool[12]. Pour suivre ses progrès, le patient peut noter son niveau de calme de 0 à 10 après chaque séance[12] et en parler avec son thérapeute.
Avant de dormir
Les personnes qui veulent l'essayer le soir peuvent pratiquer au lit, dans le calme, avec une version courte. Si la concentration sur le corps entretient l'éveil, mieux vaut pratiquer plus tôt dans la soirée. Une insomnie qui dure justifie un avis médical.
Les erreurs à éviter
Ces erreurs reviennent souvent. Le praticien gagne à les signaler dès la première séance.
- Ne pas progresser. Avec l'entraînement, on peut viser la détente sans contraction[12].
- Forcer la contraction. Si elle provoque des tremblements ou une vraie douleur, réduisez l'intensité[12][13].
- Contracter tout le corps. Seul le groupe concerné travaille, le reste reste détendu[13].
- Vouloir se détendre à tout prix. Gardez une attitude passive : la détente s'installe sans qu'on la force[12][13].
- Lutter contre les pensées. Les distractions sont normales. Ramenez votre attention sur l'exercice, sans vous impatienter[1][12].
- Se lever d'un coup. Restez assis quelques secondes à la fin de la séance[12].
Inconvénients, contre-indications et précautions
La relaxation de Jacobson demande peu de moyens, mais elle a ses limites.
Quand demander un avis médical avant de commencer
Une fiche de l'université de Zurich et de l'ETH demande de consulter d'abord en cas de[1] :
- asthme sévère ;
- maladie cardiovasculaire ;
- épilepsie ;
- psychose aiguë ;
- tendance à la dissociation ;
- trouble hypocondriaque ;
- maladie musculaire.
Le guide québécois ajoute les dépressions sévères, les états anxieux si aigus qu'ils empêchent tout apprentissage, et certaines maladies des os, de la colonne ou des articulations, qui peuvent rendre les exercices difficiles[12]. Une blessure justifie aussi d'en parler à un médecin[3].
Les inconvénients possibles
- La douleur : la contraction est franche, mais doit rester supportable[1][12]. Si elle devient vraiment douloureuse, réduisez l'intensité ou sautez ce groupe musculaire.
- Les courbatures : elles sont possibles au début, surtout chez les personnes peu sportives.
- Le temps : la méthode s'apprend. L'isolement d'un seul muscle demande de la pratique.
- Les sensations inhabituelles : une légère désorientation, une impression de lourdeur ou de flottement peuvent survenir. Agréables pour certains, elles peuvent inquiéter une personne très anxieuse, et le praticien doit la rassurer[12].
- Les limites de l'effet : elle aide à gérer la tension, mais ne remplace pas une psychothérapie ou un traitement prescrit[12].
Si l'angoisse monte pendant l'exercice
Arrêtez, respirez profondément, ouvrez les yeux et contractez vos membres. Si cela se répète, interrompez les séances et parlez-en à votre thérapeute[12]. En cas d'idées suicidaires, appelez le 3114, 24 heures sur 24.
Relaxation de Jacobson et réalité virtuelle
La relaxation trouve sa place dans un parcours de thérapie, par exemple quand le patient a besoin d'un temps pour redescendre autour d'un travail d'exposition. C'est le lien que Wolpe avait déjà fait entre détente et peur[3].
La réalité virtuelle thérapeutique et la méthode de Jacobson peuvent se compléter. Les environnements de relaxation de C2Care permettent d'ajouter un temps de respiration ou de détente au cours d'une séance, sous la conduite du praticien.
La recherche s'intéresse aussi à la relaxation en réalité virtuelle en général, le plus souvent dans des décors naturels comme des plages ou des forêts. Une revue de 19 études et 1 278 participants en population générale la juge faisable, bien acceptée et efficace à court terme sur la détente et le stress, et appelle à des études plus longues[18]. Une autre, de 18 études et 848 personnes vivant avec un trouble de santé mentale, arrive à la même conclusion à court terme[19].
Ce qu'il faut retenir sur la relaxation de Jacobson
La relaxation de Jacobson repose sur un geste simple : contracter, relâcher, observer la différence. Elle s'apprend par phases, jusqu'à se détendre sans contraction. Les études la soutiennent pour le stress, l'anxiété et le sommeil, avec des résultats variables. Elle aide à gérer l'anxiété, mais ne remplace pas la thérapie d'une phobie ou d'un trouble panique. À un rythme tenable, c'est un outil que le praticien peut transmettre à son patient et que celui-ci peut garder au quotidien.
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FAQ sur la relaxation musculaire progressive de Jacobson
Combien de temps dure une séance de relaxation de Jacobson ?
De quelques minutes à une heure, selon le nombre de groupes musculaires[1]. Un guide clinique propose environ 20 minutes[12]. Une version courte de 5 minutes se fait sur une chaise, en quatre temps : visage, bras, épaules et poitrine, jambes[1].
Quels sont les bienfaits de la relaxation de Jacobson ?
Les études les plus nombreuses portent sur le stress et l'anxiété[5] et sur la qualité du sommeil[6]. La méthode est aussi utilisée pour prévenir la migraine[7]. Les résultats varient selon les études, et elle ne remplace pas un traitement.
La relaxation de Jacobson a-t-elle des inconvénients ?
Elle demande un apprentissage et peut donner des courbatures au début. La contraction doit rester supportable[1]. L'asthme sévère, l'épilepsie, une maladie cardiovasculaire ou une psychose aiguë demandent un avis médical avant de commencer[1].
Dans quel ordre contracter les muscles ?
Il n'existe pas d'ordre unique. Le docteur Malbos va du poing aux orteils, d'autres commencent par les membres, puis le tronc et le visage[12]. L'important est de garder le même ordre pour que la séquence devienne automatique.
Peut-on la pratiquer seul ?
Oui, une fois la séquence apprise, et un enregistrement peut aider à s'entraîner[9]. Si vous êtes suivi pour un trouble anxieux, parlez-en à votre thérapeute pour l'intégrer à votre accompagnement.
Peut-on faire la relaxation de Jacobson pour mieux dormir ?
Oui, on peut l'essayer le soir. Une méta-analyse de 14 essais montre une meilleure qualité de sommeil rapportée, avec des résultats très variables et un effet incertain après 55 ans[6]. Une insomnie qui dure mérite d'être évoquée avec un médecin.
Est-ce la même chose que la méditation ou le training autogène de Schultz ?
Non. La méthode de Jacobson passe par une action physique, contracter puis relâcher. La méditation travaille l'attention, et le training autogène de Schultz répète des phrases suggérant la lourdeur et la chaleur du corps[12]. Les études qui les comparent directement restent peu nombreuses[8].
La relaxation de Jacobson peut-elle remplacer un traitement contre l'anxiété ?
Non. Elle peut compléter une psychothérapie ou un traitement, mais ne s'y substitue pas. Selon un guide clinique, elle ne guérit pas à elle seule les phobies ou les attaques de panique[12]. Ne modifiez jamais un traitement sans avis médical.
Références
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